© 2014 by Charly Sauret

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LYRICS

LE MOT

 

Pour écrire

tu t'inspires

de tes pensées, ton passé, ton phrasé, tes phases

et tes proses et t'es poussé, t'es posé tu pauses

 

et c'est pire

tu transpires

mais t'es lancé, ça passe mais t'agace et hélas
t'es cassé, t'es lassé, c'est assez et t'effaces
 
tu t'inspires de tes blessures
mais ce qu'on peut lire c'est des ratures
au fur et à mesure
l'usure te met au pied du mur
c'est dur mais c'est ta cure
poser des mots sur tes craquelures
mais tu sais pas si ils sont murs
si pour les dire t'as la carrure

alors t'assembles les mots,
et les mots s'amoncellent
comme un nouveau jeu de lego,
en une grande tour de babel
toujours redécouper décortiquer
disséquer, assimiler
puis recréer une nouvelle idée
le tour de force c'est d'expliquer

écris avec tes mots
écris avec tes sens
pour pouvoir sans défaut
décrire ce que tu penses
on est tous dans le même rafiot
chercher les mots, chercher le flow
chercher dans le fond de ses boyaux
dans les recoins de son égo

Mes legos sont mes éléments
Que je construis indépendamment
pour ensuite les assembler
les empiler et les fixer
les déplacer, les recoller
mais au bout du compte qu'est ce que j'ai ?
Des bonnes idées jamais finies
Qui n'attendaient que d'être abouties

Mes reflexions deviennent leçons
sans mise en forme, ni fixation
Mais je veux écrire avant de mourir
ce qui pourri avant de mûrir

Mes idées grouillent alors je fouille
Je touille dans la bouillie
derrière ma bonne bouille je bous
j'suis comme un fou mais qui se débrouille

j'suis sur la paille, c'est ça l'bail
ça me bouffe, alors je taille
avant de griller comme de la graille
car j'ai le feu et cherche la faille.
Mais j'ai,

ce qui n'est que premier jet,

que j'oublie ou que je jette,

et ne deviennent que des déchets

oui mais...

quand ce déchet devient composte,
fait du terreau de mes ordures
qui fertilisent ma riposte,
je me nourris des moisissures
Psycho psyché comme sous psylo
J'ai les mots qui arrivent à la pelle
J'ai le souffle chaud comme dans sypro
le flow répondra à l'appel

sous la pression je révise mes leçons
et j'y vois des idées nouvelles
mes sensations travaillent mon son
et c'est le micro que j'harcèle
J'éveille les rancoeurs
Comme si j'étais un psychologue
Et j'en fais voir de toutes les couleurs
comme si j'étais un psychotrope !

pas là pour imposer ma science
je sais qu'on change pas ce que les gens pensent
mon insouciance en fer de lance
je serai le briquet et toi l'essence
Je voyage dans ma tête
et me confronte à mes remparts
je ressors des oubliettes
puis prends mes mots et pars

à l'aventure comme tic et tac
et tic tac le temps toc
et t'attends, t'as pas tord
car pas de texte en toc
t'as le traque et tu craques
car t'attends le texte qui claque
pose ta tactique et ta technique
il faut que ça tique quand t'attaques

dès le départ

pose tes peurs
puis sur le plan

pose ton point
pèse et apprends

piste et pendant
ce temps pousse toi

près du parfait


Possède tes pensées,
ta soif de sensé
ton passé est posé
posté éstampillé

s'en suit le sens
et c'est censé s'entendre
il s'enfouit, s'entrave
se fuie puis se trouve

il se fait sans tour
se forme et s'entour
se laisse faire et sans force
s'enfourne dans le son

il s'en fout dans le fond
s'il fait suer les fronts
car le sens et le son
sont soudés par fusion

oui, le sens
et le son
s'insufflant sensations
laissant sans dessus dessous

sensible ou sensuelle
la censure se ressent
la césure se fait
et ainsi se répand

ça sature et tu suis
ce récit qui te fend
te suçant le cerveau
par cette langue de serpent

ces sons sifflants se suivent
contre vents et marrées
suis tes sens, soit serein
et si tu veux narrer

tu sais le sens suit son chemin
ne sois pas égaré
suit ta science, soit certain
mais surtout soit préparé

Car pour écrire

tu t'inspires

de tes pensées, ton passé, ton phrasé, tes phases

et tes proses et t'es poussé, t'es posé tu pauses

 

et c'est pire

tu transpires

mais t'es lancé, ça passe mais t'agace et hélas
t'es blessé, délaissé, par audace, tu ramasses

car les mots soutiennent comme une béquille
ou te retiennent comme une goupille
peuvent transpercer comme des aiguilles
c'est tout ce qui reste quand tu pars en vrille

j'me cache derrière mes métaphores
comme si je parlais en sémaphore
ma tête remplie comme une amphore
est le sale décors de pensées gores

et je ne rime pas pour le score
écrire en images me rend plus fort
ma colère gronde contre ce monde
et c'est p't'être ça qui fait qu'j'avance encore

Le monde est dans tes mains
pour le voir ouvre les poings
les miens sont grands ouverts
pourtant ma rage, je m'en sers

j'ai des soupçons et pas de baillon
La conviction de mes créations
J'ai le son, les vibrations
et j'ai le rythme de mes chansons

Ma musique comme une fronde
balance mes mots à la face du monde
mes sens se fondent, j'balance des ondes
j'envoie des sondes qui te fécondent

Mais n'avales pas ce que je dis bêtement
t'es l'explosif, je ne suis que l'amorce
tu ne dois pas être que éloquent
ta raison doit être ta force

mes mots se mèlent en mille images
comme un besoin longtemps enfoui
pour te livrer un seul message :
réfléchis

Car pour écrire

tu t'inspires

de tes pensées, ton passé, ton phrasé, tes phases

et tes proses et t'es poussé, t'es posé tu pauses...